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Pocket Pair = danger | Article

Posté par Riverman | Le 18/03/2009 à 21h14 dans poker : Niveau intermédiaire

Pocket Pair = danger

Ah ! Ces sacrées pocket pair !

La semaine dernière au club s’est jouée une main très intéressante à analyser et sans doute issue d’un enchaînement de circonstances. Mais cela va nous permettre de digresser et peut-être de vous apprendre des choses. Tout d’abord résumons la situation :

Neuf joueurs sont à table et à part deux gros stacks les sept autres sont à peu près équivalents avec des stacks oscillant entre 1600 et 2200 alors que les blinds sont 100/200. Il reste 17 joueurs dans le tournoi et au niveau points il est très intéressant de rentrer en table finale pour le bonus que cela rapporte. Les cartes sont distribuées et le joueur en position d’UTG limpe (c'est-à-dire qu’il suit juste la blind), les quatre joueurs suivants foldent (se couchent) et le joueur en cut-off (celui qui coupe le jeu juste avant le donneur donc) relance de deux fois la blind. Le donneur et la petite blind foldent.

Et c’est à partir de là que l’enchaînement de circonstances commence. Le joueur à la grosse blind n’aime pas se faire voler ses blinds (il y en a des comme ça). Il réfléchit un instant et call. Le joueur en UTG paie aussi. C’est un joueur tigh (serré), très tigh donc cela sent la main relativement forte. Comme quoi la connaissance des joueurs est un plus dans votre manière de jouer.

Le flop :


Pas de quoi sauter au plafond en se disant qu’on va faire sauter la baraque…

Le joueur BB (big blind) checke. C’est ce qu’il a de mieux à faire. En tête à tête contre le relanceur et avec un flop aussi « miteux », il aurait pu tenter une mise pour faire fuir en laissant croire qu’il avait touché les deux paires mais à trois joueurs cela complique la situation. Le joueur en UTG ne peut rien faire que checker. Le flop est passé au travers, il est pris entre deux joueurs et il attend de voir ce que va faire le relanceur. Ce dernier fait un continuation bet (mise de confirmation) de 200. Payé par le BB et l’UTG fold.

Le turn :


La BB checke et le cut-off aussi…

La river :


La BB mise 200 aussitôt relancé à 600 par le cut-off. Et alors que tout le monde se dit bien joué, ça sent le brelan camouflé, on entend tapis de la part de la Big Blind. Réflexion du joueur au cut-off qui décide de payer car il doit penser que c’est un bluff. On montre les cartes :

Big Blind :


Cut-Off :


On va encore crier au bad beat… La quinte de l’espace qui atomise le beau brelan flopé. Mais reprenons le coup et tâchons de trouver une explication à ce désastre annoncé.
Le cut-off a le meilleur jeu préflop. Le joueur en UTG a limpé mais on le connaît comme joueur serré et on sait que le joueur de BB n’aime pas perdre ses blinds. Mais on sait aussi que ce joueur n’est pas idiot et ne paiera pas avec n’importe quoi. Ne veut-il pas mieux dans ce cas là relancer plus fort et carrément annoncer la pocket pair ? Ne peut-être ramasser que les blinds et la mise de l’UTG que de prendre un risque. En fait le risque vient du joueur en UTG au départ qui a sans doute deux overcards qui peuvent exploser la paire de 10 sur un flop heureux.

Venons-en maintenant à ce qui à mon sens est le tournant de ce coup.

La big blind a suivi et le flop annonce au cut-off une merveilleuse nouvelle. Un brelan… Et là, en bon joueur qui veut rentabiliser sa main, il se dit qu’il va la slowplayer (sous jouer sa main en espérant que l’adversaire va croire que l’on a rien), il fait un continuation bet qui n’annonce rien mais qui a l’avantage de faire fuir le joueur en UTG qui semblait le plus dangereux. Le joueur de big blind suit car il a tirage certes à ventrale et donc avec seulement 4 outs. Mais il a déjà investi 400 et rajouter 200 ne change rien au problème. Il aurait fallu à mon sens mettre au moins les ¾ du pot pour le faire réfléchir. Là il me semble naturel que le joueur en BB paie. Le turn n’arrange aucun des deux aussi checkent-ils tous les deux. Et là est-ce bien raisonnable ? Offrir ainsi une carte gratuite à son adversaire alors qu’on a le jeu max est-ce une bonne optique ? Je reste persuadé que non. A trop vouloir lui faire croire que l’on a rien, on lui donne des chances de monter un tirage. Pourquoi ne pas lui faire payer ce turn. S’il paie l’issue aurait été la même mais avec le sentiment d’avoir bien joué le coup et d’avoir pris un bad beat. Mais s’il ne paie pas le cut-off aurait récupéré 1100 et se serait relancé dans le tournoi avec un stack plus confortable.

La river (la terrible rivière…) annonce au joueur BB la meilleure nouvelle qui soit il a le jeu max. Il lance 200 pour appâter le cut-off. Si ce dernier a un jeu il va relancer et se prendre un tapis en pleine figure. S’il n’a rien il va se coucher ou juste payer pour voir. Dans tous les cas le cut-off est gagnant.

La relance ne se fait pas attendre : 600 ! Bonne nouvelle le cut-off a un jeu !

Le joueur BB fait semblant de réfléchir et lance son tapis. Le cut-off ne voyant que son jeu et sans analyser le flop paie et crie au scandale. Toujours la river et toujours les bad beat et toujours les gens qui suivent avec n’importe quoi. Mais l’analyse de la main montre qu’il a un peu cherché son bad beat en ne faisant pas les bons choix au bon moment. Il possédait les bonnes informations et avait le bon jeu, pourquoi forcer son destin. Rentabiliser une main ne veut pas dire écraser son adversaire jusqu’au dernier jeton. Prendre les blinds c’est déjà rentabiliser une main car on a gagné des jetons.

Retenez cette leçon. Ne pas être trop gourmand vous évitera des déconvenues.


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